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Portrait 3

Rapport aux élèves

Caractéristiques de la population étudiante

Comment mes pratiques sont-elles cohérentes avec les caractéristiques de mes élèves?

LGBTQ2+

Dans le premier cours, je prends toujours le temps de demander aux étudiants quel est leur prénom et le pronom qu'ils utilisent pour se désigner. Cette pratique est simple, mais elle leur démontre qu'on se soucie de l'identité qu'ils ont choisie.

Deuxième génération d'immigration

Dans mes groupes, plusieurs des élèves sont issus d'une génération d'immigration. Maintenant que j'ai pris plus conscience de leur réalité, j'aimerais savoir comment je pourrais faire pour qu'ils se sentent plus inclus dans les cours. Je crois que d'en discuter avec eux et de leur démontrer une attitude ouverte pourra les aider à se sentir mieux intégrés.

Étudiants adultes

Dans un de mes groupes, j'avais une étudiante adulte. Nous avons beaucoup discuté des enjeux que cela apporte puisque leur réalité n'est pas la même que celle des autres étudiants. Avoir une certaine flexibilité pour accommoder cette réalité est un atout pour les étudiants.

Inclusion

Après les lectures, je comprends que l'inclusion est présente lorsqu'on fournit un contexte d'enseignement qui prend en compte les différentes caractéristiques des étudiants qui composent notre groupe. Dans le texte de Duval, on parle des étudiants qui composent nos groupes: anxieux, autistes, dyslexiques, allophones, autochtones, doués, effectuant un retour aux études, ayant des troubles de santé mentale ou étant simplement démotivés.3 (Duval, 2019, p.12). À cela s'ajoutent plusieurs autres caractéristiques pouvant parfois exclure nos étudiants: trouble de l'apprentissage, culture, orientation sexuelle, sexe ... Nos groupes sont diversifiés et c'est ce qui fait leur beauté. Cependant, une question s'impose:

Comment s'assurer que chacun des étudiants se sente inclus dans notre enseignement?
Après la lecture des textes, je peux assurer que cela n'est pas évident. Déjà, parce que nous avons chacun nos biais. Certaines méthodes d'inclusion me viennent naturellement alors que d'un autre côté je suis moins consciente de certaines réalités. Difficile d'être inclusif quand on ne connaît pas toutes les difficultés vécues par nos élèves! Dans le texte de Doutreloux et Bélec, on propose 4 axes d'action2. Je tenterai ici de décrire comment j'agis ou comment je pourrais agir plus sur ces axes:

Axe de la parole/silence

Dans cet axe, notre intervention se situe au niveau de la parole. On doit essayer de s'assurer que tous se sentent importants et puissent partager leur opinion. Dans ma pratique, je stimule beaucoup cet axe. En effet, j'essaie de varier mes interventions afin que tous puissent participer. Par exemple, lorsque les élèves doivent trouver des idées pour de nouveaux projets, je les mets en petits groupes pour que ceux qui sont plus gênés soient à l'aise de participer aux échanges. Aussi, je m'assure de créer un climat de confiance. Je répète qu'il n'y a jamais de mauvaises idées, que des idées qui mènent à d'autres!

Axe de la reconnaissance/omission

Je dois avouer que je suis moins familière avec cet axe. Une des choses à laquelle j'apporte de l'importance est d'avoir des modèles féminins dans mes cours. Étant dans un domaine technologique et ayant eu seulement des enseignants masculins à l'université, je trouve très important que mes étudiants aient des modèles variés. Ainsi, lorsqu'on visionne des capsules sur le web parlant des différents métiers dans mon cours d'introduction au marché du travail, je m'assure qu'il y a une bonne diversité dans les capsules.

Axe de la passivité/participation active

Pour cet axe, on doit essayer de mettre en valeur les forces de chaque étudiant afin qu'ils se développent dans leurs apprentissages. Je trouve que c'est un beau défi, mais je crois que l'approche par projet, dont j'ai parlé dans mes deux premiers portraits, me permettra de me développer dans cet axe. Dans leurs projets, les étudiants auront chacun un rôle basé sur leurs forces, ce qui leur permettra de se développer et, surtout, de se sentir à leur place dans une équipe. Je suis consciente qu'on apprend beaucoup mieux lorsqu'on se sent valorisé et important.

Axe de l'impuissance/partage de pouvoir

Pour cet axe, j'ai beaucoup moins de connaissances. Je ne m'étais jamais vraiment questionnée avant aujourd'hui sur la manière de développer la pensée critique de mes élèves. Peut-être que je pourrais montrer plus de modèles artistiques à mes étudiants. Leur faire rencontrer des artistes avec des visions différentes leur permettrait de découvrir la richesse et la diversité de notre monde artistique.

Ces exemples sont intéressants, mais il y aurait assurément plus à faire afin que tout un chacun se sente inclus et compris au sein de mon enseignement. Cette année, lors de la présentation des élèves au premier cours, j'ai demandé aux étudiants par quel pronom ils s'identifient. J'ai alors réalisé qu'entre la première et la troisième année, cela peut changer pour certains et que c'est une bonne pratique de le demander. Cette pratique a sûrement stimulé le sentiment de confiance de certains et leur a probablement permis de se sentir plus à l'aise dans la classe. J'aimerais trouver d'autres pratiques qui sont simples et qui ne demandent pas de temps, mais qui font une différence pour certains.

Motivation et engagement

Sources mentionnées dans la vidéo:
Piliers du HEC6
Dimensions de l'engagement de Parent et vision de la relation entre la motivation et l'engagement8
Stratégies que j'utilise pour susciter la motivation inspirée de Carle1

Relation pédagogique et sécurisation émotionnelle

Dans son texte, Kozanitis mentionne qu’une relation pédagogique appropriée s’avère la condition la plus déterminante de la quête de sens et d’autonomie et un ingrédient indispensable pour que l’enseignement ait une influence significative sur les étudiants.7 (Kozanitis, 2015, p.4). Il a raison, une bonne relation avec les étudiants est assurément un des éléments qui nous aide dans notre enseignement.

Pour ma part comment est-ce que je vois cette relation?

Concrètement, quelles sont les actions que je pose pour développer cette relation?

Apprendre le nom des étudiants

Je tente de mémoriser rapidement le nom de mes étudiants. Cela contribue à développer un lien plus personnel avec eux. Je souhaite qu'ils se sentent reconnus et c'est une manière simple de le faire. Aussi, je m'assure de la prononciation de leur nom en insistant pour qu'ils me disent si je me trompe. Je veux ainsi m'assurer qu'ils se sentent écoutés.

Relier la matière avec les intérêts des élèves

Dans le cours d'introduction au marché du travail, je prends le temps de sonder les intérêts des élèves. J'essaie ensuite de présenter des entreprises qui pourraient piquer leur curiosité dans mes exemples. Ce faisant, les étudiants remarquent que je me soucie de leurs réponses et sont plus enclins à participer aux activités.

Prendre le temps d'écouter les étudiants et leur montrer de l'ouverture

Dès le début de la session, je mentionne que je suis là si jamais les élèves ont besoin de parler. En tant que coordonnatrice de département, je suis une des ressources qu'ils peuvent consulter si jamais ils sont incertains d'une situation. Je les invite à me consulter même pour des éléments qu'ils ne considèrent pas urgents. J'espère qu'en me montrant accessible et ouverte, cela leur permet de se confier plus facilement s'ils vivent des difficultés.

Échanger de manière informelle avec les étudiants

Souvent, j'utilise les pauses de mon cours pour échanger avec les étudiants sur ce qu'ils ont fait pendant le weekend ou pour discuter avec eux des jeux vidéos auxquels ils jouent en ce moment. Ces échanges nous permettent d'apprendre à nous connaître et développent notre relation. En voyant que nous avons tous des intérêts en dehors des cours, nous créons une relation qui est plus forte que si nous échangeons seulement sur la matière et sur les éléments reliés au cours.

Anxiété de performance

L'anxiété de performance est probablement l'un des éléments dont je suis le plus consciente en tant que professeure. Étant moi-même sujette à en faire, je tente de fournir un contexte d'apprentissage qui permettra d'atténuer la pression de mes étudiants. Voici quelques stratégies que j'utilise à cet effet:

  • Proposer des travaux pratiques plutôt que des examens. Puisque les travaux se font sur plusieurs semaines, les élèves peuvent me consulter en cours de route et me montrer leur avancement. De cette manière, ils ont mes commentaires et peuvent améliorer le tout avant la remise. Les étudiants se sentent souvent sécurisés lorsqu'on les rassure sur la qualité de leurs travaux. De plus, s'ils ne vont pas dans la direction, on peut les réorienter pour s'assurer qu'ils arrivent à ce qui est demandé.
  • Donner des consignes claires. Pour mes travaux, j'essaie d'avoir des consignes qui sont les plus simples possibles et qu'on ne peut pas interpréter. De plus, les étudiants ont toujours accès à la grille de correction détaillée à l'avance, ce qui peut les aider à s'autoévaluer et s'assurer que leur travail répond aux exigences.
  • Dans le texte de Fournier-Plouffe, l'une de mes stratégies est validée: Pour esquiver la comparaison, le professeur peut éviter de mentionner la moyenne du groupe lors de sa rétroaction sur les évaluations et faire en sorte qu’elle ne s’affiche pas dans le tableau de bord de l’étudiant lorsque ce dernier consulte ses résultats dans Omnivox ou Col.NET.4 (Fournier-Plouffe, 2019, p.5). J'utilise cette méthode puisque je souhaite que mes étudiants se concentrent sur leur résultat plutôt que de se comparer aux autres.

Favoriser les apprentissages de mes étudiants 1

J'aimerais beaucoup travailler au niveau de l'inclusion dans mes cours. Je crois qu'un bon moyen de favoriser les apprentissages de mes étudiants serait premièrement de me renseigner sur leur réalité. Peut-être qu'en leur passant un questionnaire ou qu'en ayant une discussion avec eux je pourrais en apprendre plus sur leur sentiment d'inclusion. Qu'est-ce qui suscite ce sentiment? À quels moments se sentent-ils moins inclus? Quelles stratégies pourrions-nous mettre en place dans la classe pour que tous s'y sentent bien?

Une fois le portrait de mes étudiants dressé, je pourrais utiliser les outils de pratique réflexive que nous avons abordés dans le deuxième portrait pour mieux orienter ma pratique enseignante. Il me faudrait analyser les réponses. Ensuite, généraliser et trouver des solutions concrètes pour finalement faire un transfert dans la salle de classe. Aussi, il ne faut pas oublier que ce processus n'est pas unique, il s'agit d'une boucle. Ainsi, je pourrais continuer d'observer ma pratique pour continuer à l'améliorer. Continuer de poser des questions à mes élèves pour tenter de les appuyer le mieux possible dans leurs apprentissages.

Comment cette nouvelle pratique est en cohérence avec les principes de l'inclusion, de la motivation, de l'engagement et de la sécurisation émotionnelle?

  • Démontrer à mes étudiants de l'ouverture face à l'inclusion permettra assurément d'améliorer le climat de confiance au sein de la classe. Ce dernier est essentiel pour que tous se sentent à l'aise d'apprendre et d'exprimer leurs opinions.
  • Un meilleur sentiment d'inclusion apportera nécessairement de la motivation aux élèves. C'est lorsqu'on se sent impliqué et interpellé qu'on est le plus motivé. De cette motivation résultera sûrement un meilleur engagement de la part des étudiants.
  • Dans le texte de Carle, Steven mentionne: C’est important pour moi d’avoir une bonne relation avec mes profs, de sentir que je compte pour eux.1 (Carle, 2016, p.26). Pour moi, le développement d'une bonne relation avec les étudiants passe par la connaissance de ceux-ci. C'est en connaissant leurs forces, mais aussi leurs difficultés que je serai mieux en mesure de les encadrer et que nous pourrons développer une relation de confiance. M'intéresser à eux est assurément une bonne manière de leur faire sentir qu'ils comptent à mes yeux.
  • Dans leur texte, Fraser et Kozanitis soulignent: La majorité du personnel enseignant ne soupçonne pas qu’elle traite les étudiantes et les étudiants de façon inégale.5 (Fraser et Kozanitis, 2019, p.36) Pour moi, questionner les étudiants et apprendre à les connaître est une façon de découvrir les problèmes d'inclusion dans ma classe. Si je n'ai pas conscience que je traite les étudiants de façon inégale, je ne pourrai pas régler les problèmes que cela peut créer. Inviter les étudiants à me partager leurs enjeux et solutions constitue l'une des façons de rendre ma classe plus inclusive.

Favoriser les apprentissages de mes étudiants 2

Dans le cours d'introduction au marché du travail, j'aimerais utiliser une approche socioconstructiviste pour explorer la réalité du marché du travail. Je pourrais créer une discussion guidée avec les élèves dans laquelle nous aborderions la thématique de l'inclusion dans leur milieu de travail. Voici quelques questions que j'aimerais aborder avec eux:

  • Qu'est-ce que l'inclusion dans un milieu de travail? Qu'est-ce qui vous donne un sentiment d'appartenance?
  • Avez-vous des craintes par rapport à votre inclusion dans votre milieu? (Que ce soit par rapport à leur expérience ou leurs caractéristiques)
  • Quelles solutions les entreprises peuvent-elles mettre en place pour être plus inclusives?
  • En tant qu'individu, comment pouvez-vous participer positivement à l'inclusion dans votre milieu de travail?
  • D'après vous, quels sont les comportements à éviter lorsque l'on parle d'inclusion?

Je pourrais aussi inviter un acteur du milieu ou d'anciens étudiants pour discuter avec les élèves. Le fait d'avoir un acteur externe pourrait leur permettre de répondre à leurs interrogations et d'avoir une discussion plus riche. Je crois que ma gentillesse et ma générosité seront des forces nécessaires pour mener à bien cette discussion. Elle soulèvera nécessairement des enjeux sensibles et je crois qu'il faudra s'assurer que tous se sentent écoutés et en sécurité.

Comment cette nouvelle pratique est en cohérence avec les principes de l'inclusion, de la motivation, de l'engagement et de la sécurisation émotionnelle?

  • Les étudiants sont souvent craintifs par rapport au marché du travail. Parler avec eux de ce qui les attend et leur donner l'espace pour partager leurs craintes leur permettra de se sentir plus prêts face à ce qui s'en vient pour eux. De plus, pour certains, l'inclusion est un enjeu qui les effraie, avoir une discussion sur des stratégies leur permettra d'être plus rassurés et mieux préparés.
  • Les élèves seront plus motivés dans un exercice qui leur permet de travailler sur leurs préoccupations. Si je leur présente simplement la réalité du milieu avec une présentation magistrale, ils ne se sentiront pas nécessairement concernés. Ainsi, je crois que cette méthode suscitera plus d'engagement et de réactions de leur part.
  • Au collégial, nous formons de futurs travailleurs, oui, mais surtout les citoyens de demain. Il est important pour moi que les étudiants soient conscients des enjeux de notre société. Plus nos étudiants sont informés sur les enjeux que leurs confrères vivent, plus ils peuvent agir pour leur venir en aide. Connaître certaines réalités et être conscient de solutions qu'on peut apporter pour aider son prochain permet aux élèves d'être de meilleurs citoyens.
  • Cette activité permettra également aux élèves de se sentir écoutés et compris. Ce sera assurément un beau moyen d'améliorer notre relation pédagogique. Pas seulement celle entre les élèves et moi, mais aussi celle entre les étudiants.
  • Dans son texte, Kozanitis appuie cette méthode: Par ailleurs, prenant appui sur le modèle socioconstructiviste, entre autres, les approches renouvelées dispensent le professeur de « dire » la matière. [...] Dans cette perspective, on considère que les échanges bidirectionnels ayant lieu entre les pairs, au même titre que le discours unidirectionnel qui prédomine dans l’exposé magistral, visent à susciter l’apprentissage.7 (Kozanitis, 2015, p.5). Ainsi, la discussion entre les étudiants enrichira assurément cette activité pédagogique. Plutôt que d'avoir le point de vue d'une seule personne sur une situation, nous en aurons une multitude et pourrons nous construire un meilleur réseau de connaissances grâce à cela. Chaque étudiant a un bagage et des savoirs qui gagnent à être partagés s'ils le souhaitent.

Bibliographie